L’allemand

L’histoire de la langue allemande

Première mutation consonantique

Aux environs du Ve siècle av. J.-C, avec la première mutation consonantique, naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation est l’explication des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européennes.

Seconde mutation consonantique

Lorsque les dialectes parlés dans le Sud-Ouest de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique, on commence à parler de langue allemande (ou, en linguistique "haut-allemand"). Au cours de cette mutation, la langue commença à se différencier des dialectes du nord (Niederdeutsch, bas-allemand).

Cette modification phonétique est l’explication d’un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, l'anglais ou le néerlandais.

Le bas-allemand son les dialectes du nord, qui n'ont pas ou peu subi cette 2nde mutation phonétique. Certains linguistes considèrent cette appellation comme abusive, spécialement néerlandais(qui ne sont pas "allemands").

Moyen Âge

Une diphtongaison eut lieu entre le Xe siècle et le XVe siècle dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de ei, eu et au.

Contrairement aux États voisins, les régions germaniques sont restées morcelées au cours de l'ensemble du Moyen Âge contribuant au développement de dialectes différents et, parfois, mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au Mittelhochdeutsch poétique des poètes de cour vers le XIIIe siècle, alors que l'influence sur la langue vulgaire fût nulle, à cause de la faible alphabétisation. En plus, les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques :

Au Nord, et particulièrement du temps de la Hanse, le bas-allemand servait de langue véhiculaire de la mer du Nord à la mer Baltique.

Au Sud se développait petit-à-petit depuis le XIVe siècle,  en particulier à l'écrit, une « langue compromis » entre les différents dialectes du haut-allemand qui devint l'allemand standard. Ce processus est différent de celui des États voisins qui ont adopté la langue de leur capitale.

La Réforme

Martin Luther traduisit en 1521 le Nouveau Testament dans cet allemand standard en développement et l'Ancien Testament en 1534. Alors que Luther ne fut pas, comme il fut considéré autrefois, le pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — depuis le XIVe siècle en élaboration — il n'en reste pas moins que la Réforme contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le Nord de l'Allemagne qui finit par l'adopter.

Par contre, jusqu'au début XIXe siècle, le Hochdeutsch resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, particulièrement dans le Sud, apprenaient comme une langue étrangère.

La langue allemande en Europe centrale

À cause de la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, la langue allemande y devint  véhiculaire. Particulièrement, jusqu'au milieu du XIXe siècle, les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Bratislava, Prague, Zagreb, Budapest et Ljubljana étaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire.

Normalisation de l'orthographe et de la grammaire

En 1781, Johann Christoph Adelung publia le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie en 1852 par Jacob et Wilhelm Grimm. Entre 1852 et 1960, des frères Grimm ont publié un dictionnaire en seize tomes qui reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. Grâce au Dictionnaire orthographique de la langue allemande de Konrad Duden de 1880 une  normalisation progressive de l'orthographe fut achevée. Dans la réforme de l'orthographe de 1901, ce dictionnaire fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle.

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