Le russe
Le russe aujourd'hui
Aujourd'hui, la langue russe est parlée par plus de 250 millions de personnes (145 millions le parlent comme langue maternelle). Le ruse est parlé par la grande majorité des Russes de Russie, son prestige est toujours considérable en Biélorussie, au Kazakhstan et en Ukraine où subsiste encore une importante minorité russe. Dans les républiques d'Asie centrale et du Caucase, la langue russe est toujours la langue véhiculaire entre les différentes ethnies. À cause de l'immigration, l'Allemagne, Israël, les États-Unis, le Canada et quelques autres pays ont aussi importantes communautés de langue russe. Les personnes non russes de l'ancienne URSS ont souvent une meilleure maîtrise écrite du russe que de leur propre langue. C’est pour ça que la presse russophone subsiste. Le nationalisme de l'après-indépendance a fait perdre au russe son rôle officiel, dans les pays baltes, et la minorité russe se voit aujourd'hui obligée de se battre pour maintenir l’importance de leur langue dans ces pays.
Hors de l'ex-URSS, du fait de la perte d'influence de la Russie dans le monde le prestige de la langue russe a régressé. L'apprentissage du russe était autrefois obligatoire dans les pays d'Europe centrale, où, ils se tournent aujourd'hui unilatéralement vers l'anglais (quoi qu'également vers le français et l'allemand), le russe reste utilisé comme lingua franca, fut-ce de manière informelle, par les tranches d'âge plus élevé de la population. On peut en effet estimer que la partie de la population d'Europe de l'Est (quel que soit le pays) qui avait au-delà de vingt ans lors de l'effondrement de l'URSS parle très bien le russe. Parmi les personnes qui sont nées autour de 1980, les Slaves méridionaux (et notamment les Bulgares), qui se rapprochent des russes (Slaves orientaux) et par leur langue, et par leurs communes racines culturelles , pour lesquels la domination soviétique était et pour cause, bien mieux tolérée que par les Slaves occidentaux (Tchèques), et les régions non slaves (la Hongrie et la Roumanie), et gardant par ailleurs les traces d'un apprentissage passif, utiliser la langue russe est non seulement possible, elle très bien accueillie (malgré certaines idées reçues exportées tout droit d'Occident). Pour les personnes les plus jeunes, quel que soit le pays, la langue anglaise prédomine totalement, quoique largement ignoré par la population plus âgée. Il existe donc un véritable déplacement de la lingua franca entre deux générations d'Europe centrale. La langue russe des aînés, appris du moins scolairement, souvent académiquement, est généralement mieux maîtrisé que la langue anglaise des plus jeunes, souvent très approximatif, appris à la volée et de façon ludique au moyen des médias modernes et d'Internet (par contre, normalement la génération plus âgée parle le russe de manière impeccable). La partie qui reste de la jeune génération connaissant la langue française ou la langue allemande a inversement une excellente maîtrise de ces langues, parce qu’ils les ont apprises sérieusement dans un cadre professionnel ou universitaire.
L'ouverture de la Russie vers le monde occidental laisse penser à un renouveau du russe d'ici certaines décennies si la Russie surmonte sa crise qu’elle a actuellement. La perte d'influence de la langue russe tire en effet son fondement de la période de transition, qui fût nécessaire, après l'effondrement du régime soviétique. L’importante du russe ne s'est toutefois jamais démenti, fut-ce du point de vue scientifique (dans la conquête de l'espace il fût une langue de communication de grande importance ), culturel (pour ses monuments littéraires), ou géopolitique (la Russie est d'une part une puissance militaire de tout premier ordre, l’importance de la langue d'autre part, assumé non pas comme lingua franca mais comme langue officielle, ne s'étant pas effacé en Asie centrale, et sur des territoires s'étendant - à tout prendre - de la Baltique à l'ouest, à la mer du Japon à l'est, c’est à dire de la Pologne à la Corée, en passant par la mer Noire, l'Iran, le Caucase, la Chine, l'Afghanistan et le pôle Nord). Finalement, le dédain des services de renseignement militaires (français du moins) pour la langue russe au profit de l'arabe et des langues iraniennes, on pourrait la comprendre comme un vestige tardif de la période transition des années 1990.